par Pamela Barbaglia et Liana B. Baker
LONDRES/NEW YORK, 29 mars (Reuters) - Le marché des fusions
et acquisitions (M&A) à travers le monde a reculé de 17% sur un
an au premier trimestre 2019, les craintes d'un ralentissement
de la croissance économique mondiale et d'un Brexit sans accord
incitant les dirigeants d'entreprises européennes à la prudence.
Les opérations transfrontalières de M&A ont baissé de 45%
sur les trois premiers mois de l'année, avec des entreprises qui
se sont principalement concentrées sur leur marché intérieur.
L'activité M&A en Europe a ainsi chuté de 67% selon des
données Refinitiv, ce qui a contribué à ramener les volumes au
niveau mondial à 927 milliards de dollars (825 milliards
d'euros).
"De nombreuses entreprises estiment que les incertitudes
entourant le Brexit et les tensions commerciales entre les
Etats-Unis et la Chine pèsent", déclare Dirk Albersmeier,
codirecteur de la division M&A pour la région EMEA chez JPMorgan
Chase & Co JPM.N .
Si les Etats-Unis ont enregistré des mégafusions, comme
celle, à 74 milliards de dollars, entre Bristol-Myers Squibb
BMY.N et Celgene CELG.O , en Europe, la taille moyenne d'une
opération est descendue bien en deçà des 5 milliards de dollars.
LA FRANCE À CONTRE-COURANT
La Grande-Bretagne a perdu son rang de troisième plus grand
marché pour le M&A au profit de l'Arabie saoudite, avec une
activité en baisse de 62% à 40 milliards de dollars. Le premier
trimestre a été marqué en Arabie saoudite par l'opération entre
la compagnie pétrolière Saudi Aramco et le groupe pétrochimique
SABIC.
En France, l'activité a en revanche bondi de plus de 50%,
au-dessus de 14 milliards de dollars, avec notamment
l'acquisition de Parex par Sika SIKA.S pour plus de 2,5
milliards ou encore le rachat plus récent d'eFront,
spécialiste des logiciels d'investissement, par BlackRock
BLK.N pour 1,3 milliard.
Elle a chuté de 76% en Allemagne à 17 milliards de dollars.
Les banquiers d'affaires estiment que le marché du M&A en
Europe pourrait rester anémique pendant quelque temps sauf pour
certaines sociétés, qui, comme les allemandes Deutsche Bank
DBKGn.DE et Commerzbank CBKG.DE , songent à fusionner pour
créer un champion national.
Les entreprises britanniques pourraient également recourir
au M&A après le Brexit pour mieux résister à un éventuel
ralentissement économique, ajoute Philip Noblet, responsable de
la banque d'investissement de Jefferies en Grande-Bretagne.
"La pression sur ces entreprises va s'accélérer dans les
mois à venir et certaines devront choisir entre consolidation
nationale et restructuration", poursuit-il.
Alors que les Bourses mondiales ont progressé au premier
trimestre, les banques centrales ont semblé se préparer à un
ralentissement de la croissance. La Réserve fédérale américaine
ne prévoit ainsi plus aucune hausse de taux cette année.
LES USA DÉMARRENT FORT
Contrairement à l'Europe, l'activité du M&A aux Etats-Unis a
augmenté de 9,4% au premier trimestre, à 489,52 milliards de
dollars, soit le début d'année le plus dynamique depuis 2000.
Le nombre d'opérations a toutefois chuté de 40% sur un an,
ce qui signifie que la progression de l'activité est surtout due
à quelques très grosses transactions.
La consolidation dans la santé, le secteur le plus actif
avec une activité de 181 milliards de dollars, ne montre aucun
signe de ralentissement, souligne Krishna Veeraraghavan, juriste
spécialisé dans le M&A chez Sullivan & Cromwell LLP.
"Entre la concurrence pour de nouveaux médicaments,
l'amélioration des technologies, le vieillissement de la
population mondiale, un certain nombre de facteurs continueront
de stimuler les fusions et acquisitions dans le secteur de la
santé, qu'il s'agisse de biotechnologies ou d'assureurs",
prédit-il.
(Catherine Mallebay-Vacqueur pour le service français, édité
par Bertrand Boucey)
Le marché mondial du M&A chute au T1, la France se distingue
information fournie par Reuters 29/03/2019 à 11:27
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